Bulles

Bulles
Affichage des articles dont le libellé est Monde de... comme disait Georges. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Monde de... comme disait Georges. Afficher tous les articles

jeudi 29 mai 2014

Cowboys et envahisseurs


« Encore un film de science-fiction nul qu’elle a aimé contre toute attente ! »
Et bien non ! Pas du tout ! Mais votre remarque prouve que la réalité dépasse très souvent la fiction !
N’avez-vous pas remarqué comme ce thème revient régulièrement sous différentes formes. Plusieurs exemples dans l’actualité plus ou moins récente me rappellent le titre de ce film (que je n’ai par ailleurs pas vu même si c’était prévu, je ferai donc mon possible pour rattraper ce retard et vous donner mon avis !).
Je commence par cet incident, un fait divers qui a entrainé une déferlante de réactions étranges : en novembre dernier, un bijoutier tire sur un voleur dont l’arme était vide et le tue. Mais il n'est pas le seul à se prendre pour un cowboy : un autre bijoutier a fait de même en septembre 2013. Évidemment gros soutien via Facebook et autres... Oui c'est normal d'avoir une arme et de l'utiliser quand ça nous chante quitte à tuer les gens. Je rappelle juste que l'article 2 de la constitution fait référence à la constitution des États Unis d'Amérique pas celle de la France ! Les braquages à répétition doivent être horribles à vivre mais de là à tuer les gens. Ce n'est pas pire après ? Alors que les membres de cette corporation accèdent à des fonds d'aide pour leur sécurité ; oui je les soutiens à 200%.  Mais laissons les cowboys sur le grand écran, ils sont tellement plus classes !

Je continue avec des "envahisseurs". Et oui, en bons cowboys marseillais, certains se croient permis d'expulser des Roms de leur camp (certes illégal) sous le regard des forces de police. Ces dernières ne sont pas intervenues puisqu'il n'y a pas eu de violence (!) physique (ah ok.). Et ensuite, les "riverains" ont mis le feu au camp... Il n'y a eu aucune interpellation puisque pas de plaintes (!). Imprévisible ? Non vu les discours tenus même dans les plus hautes sphères : "Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation", "pas d'autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire (ces populations) à la frontière" je cite. C'est sûr qu'avec ça les tensions vont s'apaiser. Que tous ceux qui sont différents sortent et rentrent chez eux ! Quel beau message !
Pourtant, l'espace Schengen, notre grande fierté d'européens, pourrait nous permettre d'envisager de respecter leur mode de vie sans que cela nuise au nôtre, non ? Aménager des aires d'accueil ailleurs qu'au bord des rocades (périph') ou dans les zones industrielles ou à côté des déchetteries, prévoir une carte européenne avec les droits et devoirs qui vont avec, bref organiser un truc ! il me semble que nous élisons des représentants pour se poser ce genre de questions. Enfin, ce n'est pas maintenant, juste après les élections européennes, que cela va s'arranger...

Pour finir cet article, une petite coïncidence en passant concernant les élections européennes qui montre à quel point ce thème est d'actualité. Un long sujet fait suite au démantèlement de la "jungle" de Calais pour cause "d'épidémie de gale", 2jours après le scrutin. La plupart des migrants fuient des zones en conflit (Syrie, Afghanistan, Érythrée)  et vivent dans des conditions horribles, ne respectant pas le cadre des camps de réfugiés de l'ONU.  L'UE n'a aucun texte global et chacun fait à sa sauce. Et bien, avec tous ces députés d'extrême droite fraîchement arrivés dans un peu partout, nous devrions avoir une réponse rapide surtout si les partis conservateurs sont du même avis.

Voici donc la version 2013-2014 de Cowboys et envahisseurs... Que de nouveaux cowboys pour nous sauver ! Beaucoup moins glamour que Clint,  John McClane ou Daniel Craig.
Il faut vraiment que je vois ce film...





dimanche 29 décembre 2013

La magie de Noël se retrouve dans les mots.

En cette période de Noël, je vous offre un peu de magie.
Avez-vous remarqué que certains mots disparaissaient ?
Dans les discours entendus ou lus, "on" s'interdit d'utiliser certains mots ou expressions. Les discours trop étoffés, trop complexes, qui demandent de réfléchir au sens des mots, avec des références philosophiques ou littéraires, sont à bannir. Eh oui, "les gens sont fatigués en sortant de leurs 12 h de travail. Il ne faut pas leur en rajouter." Peut-être mais "on" n'est ni obligé de noyer les esprits dans des logorrhées bourrées de chiffres et d'abréviations, ni de prendre les gens pour des imbéciles.
J'ai plusieurs exemples de tour de magie dans ce genre pour vous.
Espoir est un beau mot et oui son antonyme est désespoir. Alors, utiliser espérance pour utiliser désespérance parce que désespoir n'est pas politiquement correct, ce n'est pas nous prendre pour des abrutis ? Les travailleurs immigrés ont disparu, pffft ! Magie ! En revanche, nous avons assisté à la naissance des travailleurs détachés. Pourquoi ? Ils viennent d'un pays pour travailler dans un autre en gardant leur nationalité. Définition du Larousse : Qui a quitté son pays d'origine pour s'installer dans un autre pays. Tout est dit, je crois.
Il y a beaucoup d'autres tours faits devant nos yeux ébahis. Une poubelle est devenue un "réceptacle de propreté" ... Un homme ou femme de ménage est devenu technicien de surface. Un aveugle est un non-voyant . Une personne âgée est un senior. Un bon élève est un élève expert dans telle ou telle compétence. Un élève de niveau faible est un élève en difficulté. Certains mots trop choquants ou pas assez politiquement corrects disparaissent au profit d'un lexique aseptisé, tournant autour du pot. J'aime entendre les personnes qui font l'effort d'utiliser des mots classés dans la catégorie "compliqués, intellos, désuets ou obsolètes" car ayant plus de 3 syllabes ou désignant une idée précise. Je dois être un peu comme les enfants : apprendre des beaux mots et les réutiliser, se rendre compte que giboulée est un nom féminin...

Pour conclure, voici un peu de lecture :
"Le vocabulaire était construit de telle sorte qu'il put fournir une expression exacte et souvent nuancée. Mais il excluait toutes autres idées et même les possibilités d'y arriver par des méthodes indirectes. L'invention de mots nouveaux, la suppression dans les mots restants de toute signification secondaire, quelle qu'elle fût, contribuaient à ce résultat.[...] On ne laissait subsister aucun mot dont on ne pouvait se passer[...]pour diminuer le domaine de la pensée." Voici quelques phrases d'un autre Georges, mots qui font réfléchir...

Monde ... comme disait Georges !

jeudi 21 novembre 2013

Où Nabila remplace Céline...

"- Les gens ne ressentent plus l'envie de lire, ne voient pas l'utilité d'écrire sans faute d'orthographe, de découvrir des mots de plus de 2 syllabes ; ils sont amorphes, attendent tout de Google ou Wikipédia, veulent que tout leur tombe tout cuit dans les mains, sans aucun effort, sans patienter, sans bouger sauf l'index sur la souris ou la télécommande. C'est surprenant, non ? 
 - Vraiment ?! Surprenant ?! Je ne crois pas non."

 Tout le monde nous rabat les oreilles en ne parlant que du petit monde du show-business, les stars qui vivent de leur apparence. Mais pas de jaloux, les politiques subissent le même traitement : Manuel Valls (sexy ?!) et sa femme, les textos de Nicolas Sarkozy, le non mariage de François Hollande, la tenue de Valérie face à Michelle... Un traitement qui dépend du buzz et des tweets des uns et des autres (La ratatouille de Cécile Duflot ?!) Cela varie aussi en fonction du planning des mesures gouvernementales : faut-il les noyer dans un flot de non-informations ou noyer les gens sous les mêmes reportages-interviews autour du même sujet jusqu'à nous rendre malades et que l'on ne s'y intéresse plus. Aucun éclairage nouveau, les mêmes personnes sur les différentes chaînes de TV ou stations de radio, le même discours rabâché par tous (ndlr : gavage). Puis, la politique est au même rang que la mode, que les catastrophes naturelles, que le match de la veille, que les propos scandaleux d'un rédacteur en chef de magazine en mal de publicité pour son magazine tout neuf : tout au même niveau, aucune hiérarchisation dans une valse permanente de "news" et de "buzz". 


 Parallèlement, Louis-Ferdinand Céline n'est pas "célébré" pour les 50 ans de sa mort. Oui, il a écrit parmi les pires insanités qui soient et il est difficile de cliquer sans réfléchir sur "j'aime" sur sa page Facebook. Mais la situation est plus complexe qu'on veut nous le faire croire. Il faut prendre le temps de lire certains de ses ouvrages, étudier le contexte dans lequel il a évolué et puis se faire un avis de citoyen éclairé sur la question. Comment prendre conscience qu'il faut du temps pour apprendre et comprendre ? Que les erreurs sont possibles si on prend le temps d'y réfléchir et de revenir dessus ? Que c'est difficile ? Qu'apprendre n'est pas toujours un moment agréable ? Que cela demande des efforts ? Si même au plus haut niveau, cette réflexion, cette ouverture au dialogue et à l'échange n'est pas valorisée ? 

 Et là, Nabila arrive avec ses gros... sabots. Je passe à la télévision puis dans toutes les émissions d'actualité, je ridiculise les gens qui font preuve d'un peu de culture et ... je deviens la star d'une émission à mon nom... La bêtise mise sur un piédestal, validée et saluée par les "médias"... Idem pour ces joueurs de foot qui gagnent des millions grâce à un ballon, ne savent pas tous aligner deux mots correctement, profitent de leur situation et menacent de faire grève... Je rajouterai juste, pour éclairer mon propos, une petite liste de mes "chevaliers des arts et des lettres" préférés (choix totalement subjectif ) : Nikos Aliagas, Jim Carrey, Lou Doillon, Chantal Goya, Catherine Lara, Christophe Maé, Kylie Minogue, Omar Sy, Johnny Hallyday, Shakira ... "décoration honorifique française qui, gérée par le ministère de la Culture, récompense les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde" (décret n° 57-549 du 2 mai 1957 modifié plusieurs fois depuis). (Si vous avez vos préférés, vous pouvez les ajouter en commentaires). 


Toujours surpris ?

Alors, je sais qu'il est facile de critiquer mais quand on est confronté aux résultats de cet état de fait quotidiennement, quand on critique ceux qui luttent (pas tout le temps en vain, je vous rassure, mais trop souvent), qu'on les traite de fainéants, de réactionnaires qui veulent détruire les écrans, de rabat-joies, d'intellos, cela attire mon ire ! Monde de... comme disait Georges

samedi 16 novembre 2013

Mettons un peu de logique dans tout ça !

Dans un coin de la France, en Val de Loire, voici ce qui se passe : 
Un professeur en musicologie et toute une équipe de chercheurs étudient la musique à travers le temps. Réalisant qu'il manque de lieu culturel faisant découvrir la musique et son histoire, ils créent, grâce à plusieurs partenariats, un dispositif novateur qui permet de lier histoire, arts visuels, littérature et musique: le" Cubiculum Musicae".
" Le Cubiculum musicae (« Chambre de musique ») est un dispositif inédit reconstituant à travers la diffusion d'images et de sons les environnements architecturaux et sonores de la Renaissance. Il permet à une demi douzaine de personnes de remonter le temps pour s'immerger dans un bain culturel." ( http://msh.univ-tours.fr/page/cumusi-cubiculum-musicae )

Le champs des possibles est infini : chaque style de musique, chaque époque peut avoir sa présentation dans cette chambre. Se retrouver plongée dans l'atmosphère d'une époque ou d'un lieu au travers des œuvres d'arts me semble être un expérience intéressante, pas vous ?
Inutile de vous dire que tous ces travaux ont été financés par l’État en très grande partie. Il peut être utile de le rappeler : l’État, c'est Nous !
Le Musée des Instruments de Musique de Bruxelles est, pour l'instant, la seule institution artistique à avoir montré un quelconque intérêt pour le "Cubiculum Musicae".

Vous me direz : " Super, Hanae, cela nous fait de magnifiques gambettes ! Mais en quoi cela est-il intéressant ? " 
Et bien, prenons un peu de recul et voyons plus large. Cela n'est plus très à la mode de nos jours.

2008 : Les énièmes nouveaux programmes scolaires du nouveau ministre de l’Éducation Nationale sortent avec le (gros) lot de nouveautés et l' éternel retour de la Morale !
Au beau milieu des ces nouveautés à nous couper le souffle, un point intéressant pour la Réussite de tous, pour mener nos chères têtes blondes-brunes-rousses-frisées-bouclées-à crête- ou à tresses, vers le statut de citoyen éclairé : l'Histoire de l'Art. 
 Objectif : "porter à la connaissance des élèves des œuvres de référence qui appartiennent au patrimoine ou à l’art contemporain ; ces œuvres leur sont présentées en relation avec une époque, une aire géographique, une forme d’expression et le cas échéant une technique, un artisanat ou une activité créatrice vivante.
L’histoire des arts en relation avec les autres enseignements aide les élèves à se situer parmi les productions artistiques de l’humanité et les différentes cultures considérées dans le temps et dans l’espace. Confrontés à des œuvres diverses, ils découvrent les richesses, la permanence et l’universalité de la création artistique.
" ( http://www.education.gouv.fr/bo/2008/hs3/programme_CE2_CM1_CM2.htm )

C'est beau, n'est-ce pas ? L'intention est louable comme toujours. 
Ensuite, la réalité nous rattrape. Faut-il préciser que nous traversons une des plus grandes crises économiques de tous les temps (depuis  presque  40 ans ) ?
Traduction : aucune formation pour les enseignants (nouveaux ou anciens), aucun budget pour aller dans ces lieux de culture merveilleux qui jalonnent nos belles routes et villes françaises ni aucun matériel (numérique ou autre) pour aider les bonnes volontés à répondre aux attentes des programmes.

Et c'est dans ce contexte-là, que j'apprends qu'en France, des fonds publics sont utilisés pour créer exactement ce qui feraient que les élèves auraient l'occasion de découvrir les arts dans une expérience sensorielle inédite, captivante. 

Alors mettons un peu de logique dans tout ça : vous voulez faire des économies alors rentabilisez les fonds que vous utilisez déjà ! Vous avez l'outil et les personnes qui en ont besoin : écoutez, partagez, liez ! En un mot :  réfléchissez !

Monde de ...... comme disait Georges !